Extrait du site inter­net : “Créé en 2014 par Jean-Claude Goiri, le FPM est une revue lit­té­raire exclu­si­ve­ment réser­vée à la créa­tion contem­po­raine.
Une tren­taine d’au­teurs dont un col­lec­tif de 9 chro­ni­queurs (répar­tis dans Séquences ‑chro­niques– et Regard posé ‑cri­tiques).
Vous serez donc les seuls juges face aux textes que j’ai sou­hai­té dis­tincts et sin­gu­liers mais réunis par une réelle “néces­si­té” de dire et de décen­trer. Une sorte de topo­gra­phie du ter­ri­toire écrit contem­po­rain avec la seule pré­ten­tion de trans­mettre une dif­fé­rence et c’est déjà pas mal.”

Givrés

J’attends la neige, la nuit blanche, les cra­que­ments. J’attends d’être coin­cée dans ma mai­son avec les autres autour coin­cés dans leur mai­son. Il fera de plus en plus froid. Bientôt nous serons des bons­hommes de neige. Certains bouf­fe­ront leur carotte de l’intérieur et feront sécher leurs slips sur leurs bras en bâtons de bois. On aura tous des cailloux sur les yeux. Nos cœurs seront gelés. Nous nous entre­tue­rons faci­le­ment et très vite la popu­la­tion mon­diale aura dimi­nué de moi­tié. Nous habi­te­rons dans des camions fri­go­ri­fiques. Sous la glace les céréales les plus résis­tantes ne pous­se­ront pas. Une période de can­ni­ba­lisme nous rédui­ra à un mil­lier.
Qui pour décon­ge­ler devant une fleur de givre ?